L'énergie solaire pour habiliter l'Afrique du Sud

2012-12-05 - Raccorder l'énergie solaire pour combler les lacunes en alimentation électrique
Lorsqu'il est question de ressources naturelles luxuriantes, l'Afrique du Sud arrive en tête. Le pays, situé à l'extrême sud du continent africain, possède certaines des plus grandes mines de charbon, de minerai de fer, d'or et de diamant, ainsi qu'une multitude d'autres minéraux métallifères, dont le platine et le palladium.

Mais l'extraction de tous ces minéraux entraîne une soif dévorante de pouvoir chez les industries extractives. L'augmentation de la demande d'électricité a également été alimentée par une croissance rapide de la population. La détermination des gouvernements post-apartheid à apporter l'électricité à un plus grand nombre de foyers afin de démontrer leur réussite et leur égalité a renforcé la demande. Avant la fin de l'apartheid, moins de 40 % des foyers avaient l'électricité; maintenant, plus de quatre foyers sur cinq en profitent.

Malheureusement, l'approvisionnement ne suffit pas. Le pays aura besoin de 52 gigawatts (GW) de capacité de production supplémentaire au cours des 20 prochaines années. Bien que la construction des nouvelles centrales électriques progresse, l'incapacité du système à prendre en charge cette énergie a déclenché des rationnements réguliers, parfois très importants, et même des pannes d'électricité. On a demandé aux utilisateurs de réduire leur consommation en guise de solution à court terme. Mais le problème a été aggravé par une infrastructure et un réseau vieillissants qui n'ont pas suivi la cadence au fil des années.

Notre époque est maintenant plus sensible à l'environnement. Les méthodes de production d'énergie en Afrique du Sud figurent parmi les plus polluantes au monde. 85 à 90 % de l'électricité provient des réserves facilement accessibles de charbon, produisant d'énormes quantités de gaz à effet de serre. L'énergie nucléaire compte pour 5 à 10 %, alors que les sources d'énergie renouvelable comme l'énergie solaire et éolienne ne produisent que 1 % de l'électricité.

Rayonnement solaire annuel en Afrique du Sud. Image : gracieuseté du site http://www.solarhomes.co.za/.
Quelques pays sont néanmoins mieux positionnés pour exploiter l'énergie solaire. Le ciel bleu ne témoigne pas seulement de l'attrait touristique de l'Afrique du Sud, mais également de ses possibilités en matière d'énergie solaire. Les statistiques du gouvernement démontrent que la province du Cap-Nord, par exemple, compte parmi les 3 % des régions les plus ensoleillées du monde, le ciel n'étant que très rarement obscurci par des nuages ou la pluie tout au long de l'année.

Les améliorations apportées à la technologie de transmission ont aidé à rendre l'énergie solaire plus pratique. La dernière génération de lignes électriques à courant continu (c.c.) réduit les pertes de transmission en comparaison avec ses équivalentes à courant alternatif (c.a.). Cela signifie que l'énergie peut être transmise sur des distances plus longues à partir de sites de production éloignées vers les utilisateurs. Des percées récentes dans le domaine des disjoncteurs c.c. signifient que les futures lignes pourront être maillées afin de former un réseau, au lieu de simplement fournir des connexions point à point moins flexibles.

Le gouvernement, subissant une forte pression en raison des pannes de courant, a reconnu le potentiel. Le plan de 20 ans de Pretoria en matière d'énergie renouvelable prévoit 8 400 mégawatts (MW) provenant de l'énergie éolienne et autant de l'énergie solaire. D'ici 2030, 42 % de toute l'énergie devrait être renouvelable, selon le plan intégré de ressources pour l'électricité de l'année dernière. Pour susciter de nouveaux investissements, on offre aux producteurs indépendants un incitatif pouvant atteindre 30 % du marché en vertu du programme d'enchères des producteurs indépendants d'énergie renouvelable. Cela représente une grosse bouchée des 90 % de la part de marché actuellement détenue par Eskom, une entreprise quasi monopolistique.

Une étape importante vers la réalisation de ces objectifs vient d'être passée avec l'attribution d'un contrat de 225 millions de dollars pour deux projets d'énergie photovoltaïque dans la province de Limpopo, région la plus au nord de l'Afrique du Sud et porte d'entrée du Botswana, du Zimbabwe et du Mozambique, et accueillant de nombreuses grandes mines énergivores.

Les deux nouvelles centrales, situées près de Polokwane, la capitale provinciale, seront approvisionnées par ABB et produiront respectivement 33 MW et 31 MW d'électricité. Elles figurent parmi les premières centrales photovoltaïques pour services publics construites dans le cadre de la première phase du programme d'énergie renouvelable à long terme du gouvernement.

Ces centrales permettront d'éviter l'émission d'environ 130 000 tonnes de dioxyde de carbone par année, ce qui contribuera à l'engagement pris par Pretoria à la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques visant à couper de 34 % les émissions de CO
2 d'ici 2020. Une plus grande production d'énergie solaire est essentielle pour y arriver.




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